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Téléphérique dans le Val-de-Marne: un fil tendu vers un renouveau écologique ?

LISA, 15 mars 2024

Imaginez vous survolant la métropole, les embouteillages ne sont plus qu’un lointain souvenir. Déjà adoptés dans plusieurs villes à travers le monde, les téléphériques urbains présentent divers avantages allant d’une empreinte écologique réduite à une fluidification de la circulation. À Créteil, le premier téléphérique d’Île-de-France devrait être mis en service d’ici fin 2025.

Les futures cabines du Câble C1 à Créteil ©Île-de-France Mobilités

Lundi 12 février, en plein après-midi, des passants pressés se dirigent vers la station de métro Créteil Pointe du Lac sans prêter attention aux panneaux annonçant l’installation d’un nouveau projet de transport : le câble C1, le premier téléphérique d’Île-de-France reliant Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Interrogés, nombreux nous rapportent avoir pris connaissance du projet sans y porter un intérêt particulier.

“J’ai été mis au courant de l’installation du téléphérique à Créteil mais ce n’est pas nouveau, ça fait plusieurs années que l’on nous en parle. Honnêtement, j’attends de le voir sous mes yeux pour m’y intéresser », nous dit Marc, habitant de Créteil et utilisateur régulier de la ligne 8.

Chantier d’installation du câble c1 à la station Créteil Pointe-du-Lac

Inspiré des stations de ski, le téléphérique s’immisce de plus en plus dans les environnements urbains. Il est aujourd’hui adopté comme un mode de transport à part entière, en France dans certaines villes comme Toulouse ou Saint-Denis à la Réunion, mais aussi à l’international.(Porto au Portugal, Londres au Royaume-Uni, La Paz en Bolivie…). Selon Ile-de-France Mobilités, chaque projet de transport est étudié sur mesure pour répondre aux besoins de déplacement sur un territoire donné, tenant compte de son insertion, de ses contraintes et de ses conditions de réalisation. Ainsi, le câble C1 s’inscrit dans une volonté de faciliter l’intermodalité au sein du Val-de-Marne. En effet, le choix des stations desservies n’a pas été laissé au hasard puisqu’il permet de relier entre elles différentes stations de bus afin de faciliter les correspondances des différentes lignes. De plus, ce projet présente une alternative respectueuse de l’environnement

Selon Mélanie Galenzel, chargée de mission chez Île-de-France Mobilités, “le Câble C1 fonctionnera sans énergie carbonée et offrira une alternative attractive à la voiture particulière grâce à ses niveaux de services (fréquences de passage élevées, capacité d’emport, forte amplitude horaire, taux de disponibilité…) et sa qualité de service”. Contrairement aux modes de transport routier, les téléphériques se distinguent par leur absence d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, ce qui concourt à l’amélioration de la qualité de l’air en milieu urbain. Par ailleurs, la mise en place des infrastructures des téléphériques requiert moins de travaux de terrassement et de transformations paysagères que la construction de nouvelles voies routières, limitant ainsi l’impact sur les écosystèmes locaux. 

L’impact écologique d’un transport revêt une importance considérable pour certains dans le choix de leurs moyens de déplacement. C’est le cas de Josiane, retraitée résidant à Créteil depuis près de vingt ans. Régulièrement, elle vient voir l’avancée des travaux qui ont débuté il y a deux ans. Et pour cause, ce nouveau transport pourrait modifier ses habitudes de déplacement. Sur le plan pratique, elle favoriserait le téléphérique qui relie Créteil Pointe du Lac à Villa Nova en 18 minutes, à la voiture permettant d’éviter de s’engouffrer dans les embouteillages.

Cependant, ce projet ne fait pas l’unanimité auprès des habitants de Créteil. Dans un quartier du sud de Créteil, situé à proximité des futurs téléphériques, s’est créée une association d’habitants qui ne veulent pas du téléphérique sous leurs fenêtres. Mathieu Beau, le président de l’association des Sarrazins Sud de Créteil, nous explique que sans remettre en cause le projet, la protestation porte sur le tracé du téléphérique. Ce dernier indique que “la présence des téléphériques toutes les 30 secondes toute la journée sera une réelle source de nuisance et de dégradation de leur cadre de vie entre le bruit des cabines au niveau des pylônes allant jusqu’à 87 décibels, la vue directe sur les câbles qui passent à 8 mètres des habitations, le défilement incessant…”. Soutenus par la MRAE (les missions régionales d’autorité environnementale), ils ont finalement perdu le procès contre Île-de-France Mobilités. Des projets de tracé alternatif avaient été proposés pour passer au-dessus d’un stade et contourner les habitations, mais en engendrant un coût supplémentaire, il nuirait à la rentabilité du projet selon la Région. Les nuisances sonores et visuelles ont donc été soulignées, mais le projet s’est poursuivi malgré les objections. 

Interrogé sur ses limites, Île-de-France Mobilités nous assure avoir pris de nombreuses dispositions pour garantir au mieux l’intégration du Câble C1 dans son environnement afin de préserver le confort des riverains. Pour préserver l’intimité des habitants , IDF mobilités a pensé a un profil de ligne adapté pour que le bas des cabines dépasse la hauteur des habitations ainsi qu’une opacification du bas de la cabine pour limiter les covisibilités. De plus, pour l’acoustique, le câble porteur-tracteur de nouvelle génération supposé silencieux a été choisi afin de limiter les vibrations. La compagnie nous garantie que ce projet s’accompagnera d’un “suivi régulier des niveaux sonores aux abords du téléphérique pendant les dix premières années d’exploitation”.

Si dans ce projet coexistent des points négatifs et positifs, il marque tout de même une avancée d’un point de vue écologique en permettant de réellement réduire l’usage de la voiture et d’éviter la modification artificielle des sols. Le Val-de-Marne n’est d’ailleurs pas l’unique exemple de développement de téléphérique en milieu urbain. On en compte de plus dans les villes engagées pour la transition écologique, à l’image du téléphérique de Grenoble ou encore de Brest. Bien que dans ces villes, leur utilisation est principalement à vocation touristique, la volonté d’en développer à des fins de moyen de transport pour les habitants se répand. La généralisation de ce modèle dans d’autres zones d’Île-de-France pourrait faire du téléphérique, un nouveau mode de transport qui viendra compléter l’éventail des modes de transport possibles ( bus, tramway, métro…) et répondre au problème de saturation des transports. 

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